Série Flowlysis · Principes · Fiche N° P-25

UN CONTRÔLE SE JUGE À CE QU'IL ARRÊTE

Chaque contrôle a un propriétaire, une obligation ou un risque qu'il sert, et un compte de ce qu'il arrête, rapporté à ce qu'il coûte. Celui qui n'arrête rien, et qu'aucune obligation n'impose, se retire ou remonte à la source, sur la décision signée de son propriétaire.

Aussi appeléefficacité des contrôles, rationalisation des contrôles ; control effectiveness S'applique àtout contrôle, visa ou relecture qui retient un dossier Se vérifie enune journée, en listant les contrôles d'un circuit Outil qui l'appliquela dette de processus, fiche O-28
flowlysis.
Ce que ça rapporte
Impact sur le TTM
Moyen
Impact sur la qualité (FTR)
Moyen
Impact sur l'Opex / Capex
Élevé
Ce que ça exige
Ce que ça invalide dans la pratique actuelle
Élevé
Délai avant effet visible
Moyen
Difficulté à tenir dans la durée
Élevé
Faible Moyen Élevé N/A (sans objet)
1

Ce que dit le principeEt pourquoi c'est vrai

La règle

Chaque contrôle a un propriétaire nommé, l'obligation ou le risque qu'il sert, écrit, et un compte tenu chaque mois : ce qu'il arrête, ce qu'il coûte. Un contrôle qui n'a rien arrêté en un an, et ne sert aucune obligation, se retire ou remonte à la source : son propriétaire décide, et signe. Ce qu'impose un texte reste, et se compte ; le juriste ou le responsable conformité dit lequel, par écrit (fiche C-15).

Pourquoi ça marche

Le mécanisme. Une chaîne de causes que le lecteur peut refaire dans sa tête.

Si chaque contrôle est comptéles doublons se voient, et ceux qui n'arrêtent rien aussi.
▶
Alorson connaît le prix d'un dossier arrêté : 50 minutes ici, 27 heures là.
▶
Doncles heures vont aux contrôles qui arrêtent, et le risque reste couvert, avec une mesure.
L'idée reçue que ça renverse

Écrite telle qu'on l'entend vraiment en comité : c'est une croyance raisonnable qui a cessé d'être vraie.

« Un contrôle de plus ne peut pas faire de mal. Au prochain audit, on sera couverts. »

Où ça ne s'applique pas

Un contrôle contre un événement rare et grave, une fraude ou un nom sous sanction, peut ne rien arrêter pendant des années. On vérifie alors qu'il arrêterait, avec des dossiers témoins. Hors obligation, il se pèse au risque chiffré (fiche O-74).

2

Est-ce respecté chez vous ?Des tests qu'on fait en marchant

Cinq vérifications observables. Chacune dit où aller regarder, et à quoi on voit que ce n'est pas respecté.

Le plus rapideDemandez la liste des contrôles d'un circuit.

Une ligne par contrôle : propriétaire, ce qu'il sert, ce qu'il a arrêté.

« Il faudrait demander à chaque service. »

Demandez ce qu'a arrêté la relecture de la conformité le mois dernier.

Un nombre de dossiers, et le type d'erreur.

« 500 dossiers relus. »

Demandez à quoi sert le dernier contrôle ajouté.

Le texte ou le risque, et la date où l'on refera le compte.

« Après un incident, il y a cinq ans. Personne ne sait plus lequel. »

Suivez un dossier, et comptez qui vérifie la même pièce.

Une seule étape, celle où la pièce entre.

Trois services la vérifient, chacun « au cas où ».

Dans la duréeDemandez le dernier contrôle retiré.

Une date, une signature, et le compte qui l'a justifié.

Aucun : chaque audit en ajoute un.

3

Les confusions courantesCe que le principe n'est pas

Quatre faux amis. Ce sont eux qui font croire qu'on applique le principe en faisant l'inverse.

Ce n'est pas couper des contrôles pour gagner du temps

Les deux allègent le circuit.

On retire sur un compte, hors obligation, après avoir pesé la gravité du risque. Le contrôle qui arrête beaucoup signale un défaut né plus haut : on le traite là, avant d'alléger (fiche P-22).

Ce n'est pas compter les contrôles faits

Les deux donnent un chiffre.

« 6 000 dossiers relus », ou une case cochée, dit que le contrôle a eu lieu, pas qu'il a servi.

Ce n'est pas un objectif de rejets

Les deux suivent ce qu'un contrôle arrête.

Fixé en cible, le chiffre se fabrique : on rejette pour l'atteindre. Le compte éclaire la décision du propriétaire, il ne note personne (fiche P-12).

Ce n'est pas un vote en comité

Les deux réunissent les avis.

L'audit et le comité donnent leur avis par écrit. Hors obligation, le propriétaire du contrôle décide de son sort et signe, comme pour un risque gardé (fiche P-14).

4

D'où ça vient, et un exempleL'origine, puis le principe à l'œuvre

OrigineShingo classait les contrôles du moins au plus efficace : trier le travail fini, informer le processus, vérifier avant le geste.

Imaginons… Une banque ouvre 6 000 comptes professionnels par an ; 600 dossiers arrivent mal saisis. Cinq contrôles se suivent, jamais comptés.

Sans le principe Le conseiller en arrête 480. Trois relectures ensuite : 1 600 h pour 90 de plus. 30 comptes s'ouvrent faux.

Avec le principe La conformité écrit que revérification et double visa ne servent aucune obligation ; leurs propriétaires les retirent. Le guichet vérifie trois points de plus ; la conformité relit un dossier sur dix. 887 h au lieu de 2 260, 27 comptes faux.

Pour aller plus loinfiche O-28, La dette de processus
fiche P-22, Ne pas transmettre un défaut
Le mot justeDire ce qu'un contrôle arrête, pas ce qu'il couvre : couvrir se déclare, arrêter se compte.
Ce que ça change, concrètement L'ouverture des comptes professionnels d'une banque, sans et avec le principe.
SANS LE PRINCIPE · CINQ CONTRÔLES, AUCUN COMPTÉ Conseiller 400 h par an arrête 480 Revérification 500 h par an arrête 60 Conformité 800 h par an arrête 30 Double visa 300 h par an arrête 0 Filtrage noms automatique arrête 0 Client comptes ouverts 30 faux 50 min par arrêt 8,3 h par arrêt 26,7 h par arrêt rien en 18 mois jamais testé 3 h à reprendre 2 000 h de contrôle pour 600 dossiers faux : 570 arrêtés, 30 comptes ouverts faux Trois contrôles vérifient les mêmes pièces ; aucun n'a de propriétaire qui compte AVEC LE PRINCIPE · LE PROPRIÉTAIRE, NOMMÉ SOUS SON CONTRÔLE, COMPTE ET DÉCIDE Conseiller 500 h par an arrête 570 Revérification retirée, signée 0 h Conformité 1 dossier sur 10 200 h · 3 Double visa retiré, signé 0 h Filtrage noms gardé, testé 8 h par an Client comptes ouverts 27 faux le réseau les opérations la conformité le réseau la conformité Les trois erreurs qu'arrêtaient revérification et relecture passent dans la liste du conseiller L'échantillon mesure le guichet : s'il trouve 12 dossiers faux au lieu de 3, le guichet a lâché 708 h de contrôle : 573 dossiers faux arrêtés, 27 comptes ouverts faux, contre 30 MÊMES 6 000 DOSSIERS PAR AN, MÊMES 600 DOSSIERS FAUX SANS AVEC Heures de contrôle, par an 2 000 h 708 h Corrections au guichet et renvois, par an 170 h 98 h Comptes ouverts sur un dossier faux, et leur reprise 30 · 90 h 27 · 81 h Temps total, par an 2 260 h 887 h Sans : 6 000 × (4 + 5 + 8 + 3 min) = 2 000 h ; 480 × 10 min + 90 × 1 h = 170 h ; 30 × 3 h = 90 h. Avec : 6 000 × 5 min + 600 × 20 min + 4 tests × 2 h = 708 h ; 570 × 10 min + 3 × 1 h = 98 h ; 27 × 3 h = 81 h. Hypothèses : revérification et relecture arrêtent la moitié de ce qui leur arrive ; guichet 80 → 95 %. L'échantillon, relu en 20 min, trouve ce qu'il voit ; arrêt au guichet 10 min, renvoi 1 h, reprise 3 h. Erreurs de saisie (mandat, code d'activité, signataire), pas d'identité ; 400 h ÷ 480 = 50 min par arrêt.
Quand le principe est tenu

Chaque contrôleun propriétaire, ce qu'il sert, ce qu'il arrête.

La même piècevérifiée une fois, là où elle entre.

Un contrôle ajoutéavec la date où l'on refera son compte.

Le retraitdécidé et signé par son propriétaire.

Quand il ne l'est pas

Chaque contrôle« c'est la conformité ».

La même piècevérifiée par trois services.

Un contrôle ajoutéà chaque audit, jamais retiré.

Le retraitpersonne ne veut l'avoir signé.

Ce qu'il faut accepter de perdreLe prix du principe, dit franchement

Ce qu'on abandonneLa relecture de tous les dossiers, et le double visa ajouté après un audit ; cet audit donne son avis écrit avant le retrait. Le conseiller passe une minute de plus par dossier : 100 h par an.
L'indicateur qui va se dégraderLes dossiers relus par la conformité : de 6 000 à 600 par an. Les dossiers rendus au client dès le guichet : de 480 à 570, et le premier rendez-vous s'allonge. Le temps total, lui, tombe de 2 260 à 887 h.
Ce qui casse si on l'applique à moitiéRetirer sans donner au conseiller les trois erreurs : 120 dossiers faux passent le guichet, l'échantillon en rattrape 12, et 108 comptes s'ouvrent faux. Ou retirer l'échantillon : plus rien ne mesure le guichet.
La phrase à retenirUn contrôle qui n'arrête rien, et n'arrêterait rien, coûte sans protéger. Son propriétaire le compte, et décide.