Une offre se livre par tranches petites et utilisables, mises devant de vrais clients. Chaque tranche ramène un retour tant qu'une erreur coûte encore peu.
Aussi appelésmall batches, livraison incrémentale, tranche verticaleS'applique àtoute offre dont une partie peut servir seule à un clientSe vérifie enune heure, en demandant la date du premier vrai client serviOutil qui l'appliquela carte des récits utilisateurs, fiche O-47
flowlysis.
Ce que ça rapporte
Impact sur le TTM
Élevé
Impact sur la qualité (FTR)
Élevé
Impact sur l'Opex / Capex
Moyen
Ce que ça exige
Ce que ça invalide dans la pratique actuelle
Moyen
Délai avant effet visible
Faible
Difficulté à tenir dans la durée
Élevé
Faible Moyen Élevé N/A (sans objet)
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Ce que dit le principeEt pourquoi c'est vrai
La règle
Une offre se livre par tranches petites et utilisables, chacune mise devant de vrais clients avant de construire la suivante. C'est la logique des petits pas (fiche P-02), appliquée à l'offre entière.
Pourquoi ça marche
Le mécanisme. Une chaîne de causes que le lecteur peut refaire dans sa tête.
Si le lot est petitle retour des clients arrive en semaines ou en quelques mois, pas au bout d'un an.
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Alorsl'erreur se voit tôt, quand peu de travail repose dessus.
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Doncelle coûte peu, et le délai baisse avec l'en-cours.
L'idée reçue que ça renverse
Écrite telle qu'on l'entend vraiment en comité : c'est une croyance raisonnable qui a cessé d'être vraie.
"Sortir une offre incomplète abîme l'image. On attend qu'elle soit complète."
Où ça ne s'applique pas
Quand une tranche n'a aucune valeur seule : la bascule unique d'un système, une obligation légale tout ou rien. On fractionne alors le risque autrement, par segments de clients ou par territoire.
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Est-ce respecté chez vous ?Des tests qu'on fait en marchant
Cinq vérifications observables. Chacune dit où aller regarder, et à quoi on voit que ce n'est pas respecté.
Le plus rapideDemandez la date du premier vrai client servi.
Quelques semaines après le lancement du projet.
Le jour de la mise en production complète, un an plus tard.
Regardez ce que contient la première tranche prévue.
Un parcours complet pour un cas simple, du client au traitement.
Un module technique, ou tous les écrans sans le traitement derrière.
Comptez ce qui est construit mais pas encore livré.
Quelques semaines de travail, pas davantage (fiche P-04).
Des mois de développement terminés, en attente du lot final.
Demandez ce que le dernier retour client a changé.
Une décision datée sur la tranche suivante.
Le retour est noté pour une version ultérieure.
Dans la duréeSuivez la taille des tranches d'un trimestre à l'autre.
Elles restent petites, ou rétrécissent à mesure que chaque mise en service coûte moins.
Elles grossissent, chaque ajout se greffant à la tranche en cours.
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Les confusions courantesCe que le principe n'est pas
Quatre faux amis. Ce sont eux qui font croire qu'on applique le principe en faisant l'inverse.
Ce n'est pas sortir vite n'importe quoi
Les deux livrent tôt une offre incomplète.
Une tranche est petite, mais finie. Ce qu'elle promet au client, elle le tient, traitement compris.
Ce n'est pas découper par équipe technique
Les deux divisent le travail en morceaux.
Un morceau d'équipe ne sert aucun client. Une tranche traverse tout, de l'écran au traitement, pour un cas simple.
Ce n'est pas le sprint
Les deux reviennent toutes les deux ou trois semaines.
Le sprint est une cadence de travail. Une équipe peut tenir sa cadence et ne rien livrer aux clients pendant un an.
Ce n'est pas le pilote
Les deux mettent l'offre devant des clients avant de généraliser.
Le pilote essaie l'offre entière sur un périmètre réduit (fiche O-53). La tranche livre une partie de l'offre, pour de bon.
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D'où ça vientPour que la fiche fasse autorité
OrigineToyota réduit ses lots, en abaissant les temps de changement de série, pour raccourcir les délais et voir les défauts tôt. Donald Reinertsen transpose ce raisonnement au développement dès 1997, et le formalise en 2009 avec l'économie des files d'attente.
Ce qui a changé depuisEric Ries popularise en 2011 le produit minimum viable (terme de Frank Robinson, 2001), mis devant des clients pour apprendre. Les méthodes itératives, bien plus anciennes (dès les années 1960, puis Scrum en 1995), sont souvent réduites à une cadence, parfois sans rien livrer.
Pour aller plus loinD. Reinertsen, The Principles of Product Development Flow, 2009 E. Ries, The Lean Startup, 2011
Le mot justeDire une tranche livrée, et non une version développée. Elle compte quand un client s'en sert.
Ce que ça change, concrètementLe portail des inscriptions périscolaires d'une collectivité, livré de deux façons.
Quand le principe est tenu
La première livraisonquelques semaines après le lancement, pour de vrais clients.
Une trancheun parcours complet pour un cas simple.
Le retour clientil change la tranche suivante.
Ce qu'on regardele délai entre la construction et l'usage.
Quand il ne l'est pas
La première livraisonà la fin du projet, pour tout le monde.
Une trancheun module technique, ou des écrans sans traitement.
Le retour clientnoté pour une version ultérieure.
Ce qu'on regardel'avancement du lot par rapport au planning.
Ce qu'il faut accepter de perdreLe prix du principe, dit franchement
Ce qu'on abandonneLe grand lancement, avec sa campagne et sa date unique. Les premiers clients voient une offre partielle, et il faut l'assumer devant eux. Chaque tranche a un coût fixe (recette, mise en production, information des usagers) : il faut l'abaisser pour que de petites tranches restent rentables.
L'indicateur qui va se dégraderLa part de l'offre disponible au premier jour. La première tranche en couvre un sixième, et c'est voulu.
Ce qui casse si on l'applique à moitiéDécouper le travail sans livrer. Les tranches s'empilent en attente du lot final, et l'on retrouve le grand lot, en plus lent.
La phrase à retenirUne erreur coûte ce qu'on a construit par-dessus avant de la voir.