Rien n'est lancé sans un signal venu de l'aval. Pour le vérifier sur le terrain, nous regardons trois choses : un stock de travail qu'on voit, une règle qui dit comment on y puise, et un déclencheur qui dit quand.
Nous vérifions trois conditions. Un stock de travail qu'on peut voir et compter, qui attend à un endroit connu. Une règle de puisage, qui dit ce qu'on y prend et qui le décide. Un déclencheur, qui dit quand : une sortie, une place libérée, un seuil atteint. La limite d'en-cours en découle, elle ne la remplace pas.
Le mécanisme. Une chaîne de causes que le lecteur peut refaire dans sa tête.
Écrite telle qu'on l'entend vraiment en comité : c'est une croyance raisonnable qui a cessé d'être vraie.
"Plus on lance de dossiers, plus on en sort. Une équipe sans travail devant elle va s'arrêter."
Quand une demande ne peut être ni refusée ni différée, comme une détresse vitale aux urgences. Restent capacité et tri ; file triée et aval se tirent.
Cinq vérifications observables. Chacune dit où aller regarder, et à quoi on voit que ce n'est pas respecté.
Condition 1Demandez à voir la file d'attente, et comptez-la.
Elle est à un endroit, elle est chiffrée, et tout le monde peut la regarder.
Elle est répartie dans des boîtes de réception, et personne n'en connaît la taille.
Condition 2Demandez à deux personnes ce qu'on prend quand une place se libère.
La même réponse, et une règle écrite quelque part.
Chacun prend ce qu'il juge le plus urgent, et les deux réponses diffèrent.
Condition 3Demandez ce qui déclenche le retrait du dossier suivant.
Un événement précis : une sortie, une place libérée, un seuil atteint.
L'arrivée du dossier, ou la disponibilité apparente de quelqu'un.
Regardez ce qui se passe quand une demande arrive et que la limite est atteinte.
Elle reste dans la file, et son entrée est annoncée.
Elle entre quand même, et la limite devient un objectif.
Dans la duréeComparez la dispersion des délais de ce mois à celle d'il y a six mois.
L'écart entre les dossiers rapides et les lents se resserre.
La moyenne tient, et les cas longs s'allongent.
Quatre faux amis. Ce sont eux qui font croire qu'on applique le principe en faisant l'inverse.
Ce n'est pas qu'une limite d'en-cours
C'est la forme sous laquelle on le présente le plus souvent.
Une limite tenue suffit à tirer. Mais sans file visible ni règle de puisage, on ne sait plus ce qui attend ni ce qui entre ensuite.
Ce n'est pas de la priorisation
Les deux touchent à l'ordre de passage.
La priorisation dit lequel passe d'abord ; le flux tiré, combien entrent à la fois et quand. La règle de puisage applique la priorisation.
Ce n'est pas tout le juste-à-temps
Les deux viennent du même endroit et se citent ensemble.
Le juste-à-temps est l'objectif : ce qu'il faut, quand il faut, en quantité juste. Le flux tiré en est un moyen, avec le flux continu et le takt.
Ce n'est pas supprimer l'attente
On promet souvent les deux dans la même phrase.
L'attente ne disparaît pas : elle baisse, et ce qui en reste se place avant l'entrée. Là, rien n'est entamé, on peut encore changer l'ordre, et elle se voit.
Le stockune file à un endroit, comptée, que tout le monde peut voir.
La règle de puisageécrite, et énoncée pareil par deux personnes.
Le déclencheurune sortie libère une place, et le retrait suit.
Ce qu'on regardela file et les dossiers ouverts, rapportés aux sorties.
Le stockdispersé dans des boîtes de réception, jamais compté.
La règle de puisagechacun la sienne, révisée à chaque coup de téléphone.
Le déclencheurl'arrivée du dossier, ou la disponibilité apparente de quelqu'un.
Ce qu'on regardele nombre de dossiers traités.