Série Flowlysis · Outils & principes · Fiche N° O-70

LE MODE DÉGRADÉ

Le mode dégradé dit comment chaque étape critique continue de servir le client quand son outil tombe, et ce qui attendra son retour. Le métier fixe la durée qu'il tolère, rattrapage compris ; l'IT s'engage à rendre l'outil assez tôt pour rattraper, ou dit ce que ça coûte.

Aussi appelécontinuité d'activité, analyse d'impact sur l'activité (BIA), MTD, RTO, RPO Principe qu'il appliquele coût du retard, fiche P-07 Se prépare en1 à 2 semaines Se fait enune demi-journée de test par étape, puis un test par an Levier principalCoût du retard
flowlysis.
Ce que ça rapporte
Impact sur le TTM
Moyen
Impact sur la qualité (FTR)
Moyen
Impact sur l'Opex / Capex
Moyen
Ce que ça coûte
Coût d'implémentation
Moyen
Difficulté d'implémentation
Moyen
Difficulté de maintien
Élevé
Faible Moyen Élevé N/A (sans objet)
1

Le problème auquel ça s'appliqueEt ce qu'il vous coûte chaque année

Ce que vous voyez déjà
  • « Si l'outil de gestion est indisponible trois jours, on fait comment ? » Personne n'a de réponse écrite.
  • Le plan de continuité décrit la reprise des serveurs, pas le travail des gestionnaires.
  • Après une journée de panne, le service met des semaines à retrouver ses délais.
Où part l'argent

Pendant la panne, les demandes arrivent et la capacité se perd (fiche O-36). Au retour, tout arrive d'un coup, plus la ressaisie du travail fait à la main.

L'ordre de grandeur, à la louche

Comptez-le sur vos chiffres. Un ordre de grandeur suffit pour décider d'essayer.

Combien de fois / anjours d'arrêt d'un outil critique, vécus ou plausibles
×
Ce que ça coûte à chaque foiscoût du retard d'une journée d'arrêt, rattrapage compris
×
Part qu'on évitepart du flux tenue sans l'outil, ressaisie déduite
=
Gain / anà écrire au crayon, avant de signer un délai de reprise
Quand ça ne sert à rien

Pour une étape qui peut attendre le retour de l'outil sans coût ni échéance manquée. On écrit qu'elle attend, et la file qu'elle laissera.

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Comment ça marcheLa mécanique, en clair

L'idée en une phrase

Le métier dit combien de jours de perturbation il tolère, rattrapage compris. L'IT rend l'outil assez tôt pour rattraper dans ce délai ; le service sait faire sans lui d'ici là.

Les gestes, dans l'ordre
  1. Sous chaque étape du blueprint (fiche O-01), noter l'outil, le fichier ou le fournisseur dont elle dépend.
  2. Chiffrer une journée d'arrêt de chaque étape, rattrapage compris (fiche P-07).
  3. Le COO en tire la durée maximale tolérable de chaque processus.
  4. L'IT en déduit un RTO plus court, fait valider le RPO par le métier, et s'engage, ou annonce le budget.
  5. Écrire la procédure manuelle des étapes critiques : formulaires, contacts imprimés, extrait des contrats de la veille, ressaisie.
  6. La tester outil coupé, et écrire d'avance la capacité de rattrapage du redémarrage.
Ce qu'il faut avoir sous la main

Le blueprint, le coût du retard par étape, un responsable IT qui chiffre les délais.

Le signe que ça a marché

Au test, un gestionnaire traite une résiliation sur papier, puis la ressaisit sans demander comment.

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Les pièges de l'implémentationCe qui fait rater, et ce qu'on fait à la place

Au lancementLaisser l'IT fixer seule les délais de reprise

Le plan promet les serveurs en cinq jours, sans savoir ce que coûte un jour au métier.

Le COO fixe la durée tolérable, l'IT en déduit le RTO ou annonce son prix.

Au lancementPartir de la liste des applications

L'étape qui dépend d'un tableur partagé ou d'un fournisseur n'apparaît nulle part.

Partir du parcours, étape par étape, et noter tout ce dont elle dépend.

PendantOublier la ressaisie

On annonce les demandes en attente. Chaque dossier traité sur papier revient pourtant.

Compter la ressaisie dans la file, et dire qui la fait.

PendantCompter sur la marge habituelle

Avec 4 % de marge, trois jours de panne se résorbent en plusieurs mois.

Écrire d'avance qui rattrape, combien par jour et ce qu'on reporte (fiche O-36).

Dans la duréeUne procédure écrite une fois

Le jour de la panne, les formulaires sont introuvables et les numéros sont dans l'outil tombé.

La rejouer outil coupé chaque année et à chaque changement d'outil.

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ExempleCas type du tertiaire, du constat au résultat

La situation de départ
L'objet

La gestion des contrats d'un assureur : avenants, attestations, résiliations, changements de bénéficiaire.

Ce qui cloche

Personne ne sait ce que font les gestionnaires si l'outil tombe, ni ce qui les attend à son retour.

Ce qu'ils regardaient avant

Le plan de reprise de l'IT : l'outil rendu en cinq jours. Rien sur le travail pendant ces cinq jours.

Les chiffres de départ, tirés de la gestion
480demandes par jour ouvré, 20 min chacune 500demandes par jour de capacité, soit 20 de marge (4 %) 60 %des demandes d'un type critique, à tenir sans l'outil 5 minpour ressaisir une demande traitée sur papier
Ce qu'ils ont fait Une procédure papier pour les demandes critiques, testée. Huit mois plus tard, l'outil tombe trois jours ouvrés, avant l'ouverture.
Le déclencheurLe comité demande : « Si l'outil tombe trois jours, on fait comment ? »
▶
Le gesteLe blueprint relu outil par outil, puis la file calculée pour trois jours de panne.
▶
Ce qu'ils ont vuSans procédure, 1 440 demandes au retour, que 20 de marge par jour résorbent en 72 jours au mieux.
▶
La décision15 jours tolérés (COO), RTO de 3 jours (IT), RPO de 24 h (métier), 60 de plus par jour au rattrapage.
Ce que ça a donné
1 440 → 792

La file au redémarrage : sans procédure, 3 × 480. Avec, 3 × 192 en attente = 576, plus 864 dossiers papier × 5 min ÷ 20 min = 216 en temps de ressaisie.

18 → 9,9 jours

La résorption, à 80 de marge par jour (20 + 60) : 1 440 ÷ 80 = 18 ; 792 ÷ 80 = 9,9.

21 → 12,9 jours

La perturbation totale, panne comprise : 3 + 18 = 21, au-delà des 15 tolérés ; 3 + 9,9 = 12,9, en dessous.

360 → 198 h

Les heures supplémentaires : 60 × 20 min = 20 h par jour de rattrapage, × 18 ou × 9,9 jours. À 55 € l'heure majorée (hypothèse), 19 800 → 10 890 €.

Refaites-le avec vos volumes : entrées par jour, part tenue sans l'outil, minutes de ressaisie, marge de rattrapage. Posez la durée tolérable, et déduisez-en le RTO à demander.

1 · LES DURÉES D'UNE PANNE, ET QUI LES FIXE DURÉE MAXIMALE TOLÉRABLE · LE COO RPO · LE MÉTIER, TENU PAR L'IT RTO · L'IT sauvegarde panne outil rendu file résorbée perdu, à ressaisir mode dégradé, sur papier rattrapage : file ÷ marge par jour Durée maximale tolérable (MTD) : la durée totale d'arrêt ou de perturbation d'un processus qu'on accepte, toutes conséquences comprises. RTO : la durée maximale d'indisponibilité d'un outil avant un impact inacceptable sur ses processus et sur la MTD. Il doit normalement être plus court qu'elle. RPO : le point, avant la panne, jusqu'auquel les données se restaurent depuis la dernière sauvegarde. La perte de données tolérée, hors MTD. NIS2, art. 21.2 c) : la continuité des activités, par exemple les sauvegardes et la reprise, et la gestion des crises. DORA, art. 11 et 12 (entités financières) : réponse, rétablissement, sauvegarde, restauration. Si l'un des deux s'applique à votre entité, et lequel : à faire vérifier. 2 · LA FILE AU RETOUR DE L'OUTIL Sans procédure 1 440 en attente 18 j Avec le mode dégradé 576 en attente 216 ressaisie 9,9 j jours de résorption à 80 de marge par jour, à droite PERTURBATION TOTALE, PANNE + RATTRAPAGE panne sans procédure 21 j panne mode dégradé 12,9 j 15 j tolérés Un jour de panne laisse 192 + 72 = 264 demandes, soit 3,3 j de rattrapage. RTO maximal : 15 ÷ (1 + 3,3) = 3,5 j. L'IT tient 3 j. Sans procédure : 15 ÷ (1 + 6) = 2,1 j.

À gauche les durées d'une panne et qui fixe chacune. À droite la file du cas au retour de l'outil, et le RTO que la durée tolérable impose.