Série Flowlysis · Outils & principes · Fiche N° O-66

LA PSYCHOLOGIE DE L'ATTENTE

Une attente ne se juge pas au chronomètre : avant le premier contact, inoccupée, de durée inconnue ou injuste, elle paraît plus longue qu'elle n'est. Une fois l'attente évitable supprimée, celle qui reste se soigne presque sans dépense, contact par contact.

Aussi appelépsychologie des files d'attente, attente perçue, boîte de transaction Principe qu'il appliquela réserve de capacité, fiche P-01 Se prépare enune demi-journée à vivre l'attente du côté du client Se fait en2 à 6 semaines, contact par contact Levier principalCoût
flowlysis.
Ce que ça rapporte
Impact sur le TTM
Faible
Impact sur la qualité (FTR)
Moyen
Impact sur l'Opex / Capex
Moyen
Ce que ça coûte
Coût d'implémentation
Faible
Difficulté d'implémentation
Faible
Difficulté de maintien
Moyen
Faible Moyen Élevé N/A (sans objet)
1

Le problème auquel ça s'appliqueEt ce qu'il vous coûte chaque année

Ce que vous voyez déjà
  • Le délai est tenu, et les clients se plaignent d'avoir attendu.
  • Une part des appels ne demande qu'une chose : « où en est ma demande ? »
  • Au guichet, le client regarde la file d'à côté avancer plus vite que la sienne.
Où part l'argent

Une attente mal vécue se paie deux fois : en relances qu'il faut décrocher, et en clients qui abandonnent ou s'en vont. Le chronomètre ne voit ni les unes ni les autres. Un client qui sait quand il sera servi n'appelle pas pour le demander.

L'ordre de grandeur, à la louche

Comptez-le sur vos chiffres. Un ordre de grandeur suffit pour décider d'essayer.

Combien de fois / ancontacts « où en est ma demande ? » et abandons
×
Ce que ça coûte à chaque foisdurée d'un contact × coût horaire complet
×
Part qu'on évitepart qui disparaît quand l'attente est annoncée et tenue
=
Gain / anà écrire au crayon, après une semaine de relevé
Quand ça ne sert à rien

Pour habiller une attente qu'on pourrait supprimer : le client s'en aperçoit vite. On réduit d'abord l'attente réelle (fiche O-36, fiche P-01), et on soigne ensuite celle qui reste.

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Comment ça marcheLa mécanique, en clair

L'idée en une phrase

Cinq choses allongent une attente aux yeux du client. Chacune a son remède, et la plupart ne coûtent presque rien une fois qu'on les a vues.

Les gestes, dans l'ordre
  1. Supprimer d'abord l'attente qui peut l'être : rendez-vous, rappel, lissage de la charge (fiche O-03).
  2. Découper chaque contact en arrivée, attente, service et départ, et passer les questions du schéma.
  3. Accueillir vite, même si la suite attend : un premier mot, un numéro de dossier.
  4. Annoncer la durée tenue 85 fois sur 100 (fiche O-34), et dire pourquoi si elle s'allonge.
  5. Occuper l'attente, ou rendre au client sa liberté : un rappel, un message quand vient son tour.
  6. Une seule file devant plusieurs guichets, et une file par type de demande quand les durées diffèrent (fiche O-32).
Ce qu'il faut avoir sous la main

Une demi-journée passée à attendre comme un client, et une semaine de relevé des appels « où en est ma demande ? » (fiche O-20).

Le signe que ça a marché

Plus personne ne vient au guichet demander combien de temps il reste.

3

Les pièges de l'implémentationCe qui fait rater, et ce qu'on fait à la place

Au lancementSoigner le décor avant le délai

Écran, musique, café : deux heures d'attente restent deux heures, et le client le sait.

Réduire d'abord l'attente réelle, puis soigner celle qui reste.

Au lancementAnnoncer la moyenne

Une moyenne est dépassée près d'une fois sur deux, et chaque retard fait un appel.

Annoncer la durée tenue 85 fois sur 100, et la recalculer chaque mois.

PendantSurestimer jusqu'à décourager

Trois heures annoncées pour être tranquille : le client part ailleurs, ou ne croit plus l'annonce.

Une marge mesurée sur les délais réels, jamais le pire cas.

PendantFaire passer devant sans le dire

Un client appelé avant son tour, sans explication, et toute la salle se sent flouée.

Une file visible par priorité, avec sa règle affichée.

Dans la duréeL'annonce qui n'est plus tenue

Le délai réel dérive, l'annonce ne bouge pas, et plus personne ne la croit.

Suivre chaque semaine la part des annonces tenues, et corriger l'annonce ou la capacité.

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ExempleCas type du tertiaire, du constat au résultat

La situation de départ
L'objet

L'assistance dépannage d'un assureur auto, de l'appel du client en panne à l'arrivée du dépanneur.

Ce qui cloche

Près de deux appels de relance par dossier : « où est le dépanneur ? ».

Ce qu'ils regardaient avant

Le délai moyen d'arrivée, 52 min, dans l'objectif de l'heure. Les relances se perdaient dans les appels entrants.

Les chiffres de départ, tirés de l'outil d'assistance sur un an
64 000dépannages par an 1,9relance par dossier, 4 min chacune 52 mind'arrivée en moyenne, 70 min dans 85 % des cas 46 €l'heure, coût complet
Ce qu'ils ont fait Cinquante relances écoutées, deux mois de pilote dans deux régions, et le même réseau de dépanneurs.
Le déclencheurSix chargés d'assistance demandés en renfort pour les trois mois d'été, contre les relances.
▶
Le gesteCinquante relances écoutées, et l'attente d'un client en panne suivie minute par minute.
▶
Ce qu'ils ont vuLes relances naissaient de deux silences : avant l'envoi du dépanneur, et après « dans l'heure ».
▶
La décisionUn SMS à deux minutes, une heure d'arrivée tenue 85 fois sur 100, un lien de suivi.
Ce que ça a donné
1,9 → 0,5 à 0,8

Les relances par dossier : 0,6 mesuré sur le pilote, compté entre 0,5 et 0,8 pour tout le réseau. L'arrivée reste à 52 min en moyenne ; avec 70 min dans 85 % des cas, près d'une sur trois dépassait l'heure.

70 000 à 90 000

Les relances évitées par an : 64 000 dépannages × (1,9 − 0,8) = 70 400, et × (1,9 − 0,5) = 89 600.

4 700 à 6 000 h

Le temps rendu par an : 70 400 à 89 600 relances × 4 min, soit 216 à 275 k€ à 46 € l'heure. Les six renforts d'été n'ont pas été recrutés.

30 k€ + 10 k€ / an

Ce que ça a coûté : le lien de suivi chez les dépanneurs du réseau, puis 64 000 dossiers × 3 SMS × 5 centimes = 9 600 € par an.

Refaites-le avec vos relances : leur nombre par dossier × vos dossiers × leur durée. Écoutez-en cinquante, et placez chacune sur la boîte de transaction.

1 · CE QUI ALLONGE L'ATTENTE, ET CE QUI LA RACCOURCIT Avant le premier contact Accueillir vite, même si la suite attend Inoccupée Donner à faire, ou rappeler le client De durée inconnue Annoncer une durée tenue 85 fois sur 100 Inexpliquée Dire pourquoi, dès que ça s'allonge Vue comme injuste Une seule file, et une file visible par priorité LA BOÎTE DE TRANSACTION, À PASSER POUR CHAQUE CONTACT Arrivée L'a-t-on vu arriver ? Sait-il où aller ? Était-ce ouvert ? Attente Annoncée, et tenue ? Expliquée si longue ? Vue comme juste ? Service Était-il attendu ? L'a-t-on écouté ? Juste du premier coup ? Départ Sait-il la suite ? A-t-il eu sa réponse ? Peut-il donner son avis ? Quatre temps, même quand l'un dure dix secondes. Chacun peut gâcher tout le parcours. 2 · UNE PANNE, AVANT ET APRÈS AVANT arrivée, 52 min silence « dans l'heure » annoncé : 60 min 1,9 relance par dossier, une arrivée sur trois en retard APRÈS arrivée, 52 min SMS à 2 min lien de suivi annoncé : 70 min 0,6 relance par dossier sur le pilote appel 60 min Relances par dossier 1,9 → 0,6 Arrivées avant l'heure annoncée 2 sur 3 → 85 sur 100 Délai réel inchangé. Le client sait quand.

À gauche les cinq attentes qui paraissent longues et leur remède, puis la boîte de transaction. À droite le dépannage avant et après : même délai réel, deux silences comblés.