Série Flowlysis · Outils & principes · Fiche N° O-49

PARAMÉTRER PLUTÔT QUE DÉVELOPPER

On adapte le processus au standard du progiciel, et non l'inverse. Un spécifique ne se garde que si le client y trouverait une différence qui compte pour lui, ou si la loi l'impose, car il se repaie à chaque montée de version.

Aussi appeléadoption du standard, fit-to-standard, réduction des spécifiques Principe qu'il appliquela pensée systémique, fiche P-05 Se prépare enune démonstration du standard par processus Se fait enune séance d'arbitrage par domaine, puis une revue par version Levier principalCoût D'aprèsT. Davenport, Harvard Business Review, juillet-août 1998 · M. Hammer, Harvard Business Review, juillet-août 1990
flowlysis.
Ce que ça rapporte
Impact sur le TTM
Moyen
Impact sur la qualité (FTR)
Faible
Impact sur l'Opex / Capex
Élevé
Ce que ça coûte
Coût d'implémentation
Faible
Difficulté d'implémentation
Élevé
Difficulté de maintien
Moyen
Faible Moyen Élevé N/A (sans objet)
1

Le problème auquel ça s'appliqueEt ce qu'il vous coûte chaque année

Ce que vous voyez déjà
  • Le cahier des charges du nouvel outil reproduit l'ancien, écran par écran.
  • La montée de version de l'éditeur est repoussée : elle casse trois développements maison.
  • Le progiciel choisi pour aller vite est en projet depuis dix-huit mois.
Où part l'argent

Un spécifique se paie à la construction, puis à chaque montée de version, où il faut le retester et souvent l'adapter. Comme pour un automate (fiche O-25), l'entretien dépasse le développement en cinq ans.

L'ordre de grandeur, à la louche

Comptez-le sur vos chiffres. Un ordre de grandeur suffit pour décider d'essayer.

Combienspécifiques demandés au projet
×
Ce que ça coûte à chaque foisdéveloppement et tests sur cinq ans
×
Part qu'on évitespécifiques sans client ni loi derrière
=
Dépense évitéesur cinq ans, à écrire au crayon
Quand ça ne sert à rien

Pour un outil maison, dont vous décidez seul les versions : il n'y a pas de standard à suivre.

2

Comment ça marcheLa mécanique, en clair

L'idée en une phrase

Chaque écart entre votre façon de faire et le standard passe deux questions. Sans différence qui compte pour le client ni obligation légale, c'est le processus qui change.

Les gestes, dans l'ordre
  1. Faire jouer le standard de l'outil, processus par processus, devant ceux qui font le travail. Noter chaque écart.
  2. Poser deux questions à chaque écart : le client y verrait-il une différence qui compte (fiches O-02, O-40) ? La loi l'impose-t-elle ?
  3. Deux non : le processus s'aligne sur le standard, et la procédure est réécrite.
  4. Un oui : chercher d'abord un paramétrage. Le développement vient en dernier.
  5. Chiffrer chaque spécifique restant sur cinq ans, et le faire arbitrer par le responsable de l'offre (fiche P-09), pas par le service qui le demande.
  6. Tenir un registre des spécifiques : la justification, le coût, la date de revue.
Ce qu'il faut avoir sous la main

Une démonstration du standard sur vos dossiers réels, le calendrier de versions de l'éditeur, et le coût d'un jour de test.

Le signe que ça a marché

Un responsable d'agence retire sa demande de développement en séance, après avoir vu le standard traiter son cas.

3

Les pièges de l'implémentationCe qui fait rater, et ce qu'on fait à la place

Au lancementReproduire l'ancien outil

Le cahier des charges décrit les écrans d'hier. Le nouvel outil devient l'ancien, en plus cher à entretenir.

Partir de la démonstration du standard, et ne noter que les écarts.

Au lancementLaisser le demandeur arbitrer

Chaque service juge sa demande indispensable, et ce n'est pas lui qui paie les montées de version.

Le responsable de l'offre tranche, le coût sur cinq ans sous les yeux.

PendantUn paramétrage par agence

Neuf paramétrages font neuf processus, neuf formations et neuf jeux de tests.

Un paramétrage pour tout le groupe. Une variante si elle compte pour le client.

PendantInvoquer la loi sans texte

« C'est réglementaire » suffit, et personne ne demande quel article.

Exiger la référence du texte, sinon la réponse est non (fiche O-28).

Dans la duréeLe spécifique « provisoire »

Posé pour la bascule, il est encore là dix ans après, et personne ne sait pourquoi.

Une date de revue au registre, et le retrait prévu dès l'écriture.

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Un exempleCas type du tertiaire

L'objet

Un courtier en assurance né du rachat de neuf cabinets, 180 gestionnaires, qui passe à un seul outil de gestion.

Ce qui cloche

Le premier cahier des charges reproduisait les neuf façons de faire : 94 spécifiques chiffrés.

Ce qu'ils regardaient avant

La part des besoins couverts par le cahier des charges : près de cent pour cent.

Les chiffres de départ

À relever avant l'arbitrage.

212écarts relevés avec le standard 846 k€pour 94 spécifiques, 9 k€ chacun 2versions par an, imposées par l'éditeur 1 k€de tests par spécifique et par version
Ce qu'ils ont fait Les 212 écarts passés aux deux questions en six séances, avec le responsable de l'offre pour trancher.
Le déclencheur846 k€ de développements, pour un progiciel choisi parce qu'il était standard.
▶
Le gesteChaque écart joué sur le standard, puis passé aux deux questions, client et loi.
▶
Ce qu'ils ont vu164 écarts tenaient à l'habitude d'un seul cabinet, sans effet pour le client.
▶
La décision164 au standard, 31 paramétrés, 17 spécifiques inscrits au registre.
1 · LES 212 ÉCARTS, PASSÉS AUX DEUX QUESTIONS Les écarts entre les pratiques des neuf cabinets et le standard 212 Question 1 · le client y verrait-il une différence qui compte ? 27 oui 185 non : ils passent à la question 2 Question 2 · la loi l'impose-t-elle ? Texte cité, sinon c'est non. 21 oui 164 deux non : le processus s'aligne sur le standard Les 48 écarts gardés · un paramétrage suffit-il ? 31 17 31 par paramétrage, sans code · 17 spécifiques développés 164 · 77 % processus aligné sur le standard 31 · 15 % paramétrage 17 · 8 % spécifiques gardés Un oui suffit pour garder l'écart. Deux non, et c'est le processus qui change, pas l'outil. Chaque spécifique restant est arbitré par le responsable de l'offre (fiche P-09). 2 · CE QUE COÛTENT LES SPÉCIFIQUES EN CINQ ANS 0,5 M€ 1 M€ 1,5 M€ départ an 1 an 2 an 3 an 4 an 5 94 spécifiques · 1,79 M€ chaque marche : une version, 94 k€ développement : 846 k€ 17 spécifiques · 0,32 M€ Écart en cinq ans : 1,46 M€. Les tests évités (770 k€) pèsent plus que le développement évité (693 k€). 9 k€ à construire, puis 1 k€ à chaque version, deux versions par an.

À gauche les 212 écarts passés aux deux questions, puis au paramétrage. À droite le coût cumulé des spécifiques, du départ à la cinquième année.

Ce que ça vautUne fourchette, et d'où elle sort

Les clients ne voient aucune différence. Ce qui change est ce qu'on reteste deux fois par an.

Ce qui est évité en cinq ans 1,46 M€
77 spécifiques de moins × 19 k€ : 9 k€ à construire, puis dix versions à 1 k€
Le développement engagé 846 k€ → 153 k€ 17 spécifiques × 9 k€, au lieu de 94
Une montée de version 40 → 11 jours ouvrés 5 jours de recette du standard, plus 1,5 jour-homme par spécifique, répartis sur quatre testeurs
Ce que ça a coûté environ 130 k€ 180 gestionnaires × 2 jours de formation × 300 €, plus 22 k€ pour réécrire 164 procédures

Le devis donne le prix d'un spécifique. Le calendrier de l'éditeur donne son coût.