Série Flowlysis · Outils & principes · Fiche N° O-41

L'ARBRE DES OPPORTUNITÉS

On relie un résultat chiffré à ce que vivent les clients, puis aux solutions et aux tests. L'arbre empêche de sauter du résultat à la solution qu'on avait déjà en tête.

Aussi appeléopportunity solution tree, arbre opportunités-solutions Principe qu'il appliqueapprendre avant d'engager, fiche P-08 Se prépare en2 à 3 jours, pour classer motifs et appels Se fait enune demi-journée, puis 4 à 8 semaines de tests, plus le suivi des cohortes Levier principalROI D'aprèsT. Torres, Continuous Discovery Habits, 2021
flowlysis.
Ce que ça rapporte
Impact sur le TTM
Moyen
Impact sur la qualité (FTR)
Moyen
Impact sur l'Opex / Capex
Élevé
Ce que ça coûte
Coût d'implémentation
Faible
Difficulté d'implémentation
Moyen
Difficulté de maintien
Élevé
Faible Moyen Élevé N/A (sans objet)
1

Le problème auquel ça s'appliqueEt ce qu'il vous coûte chaque année

Ce que vous voyez déjà
  • La feuille de route arrive en comité avec les solutions déjà choisies.
  • Chaque direction défend son projet, et aucune ne dit quel irritant client il retire.
  • Le projet est livré, l'indicateur visé n'a pas bougé, et personne ne sait dire pourquoi.
Où part l'argent

Dans des projets choisis avant de savoir ce qui fait bouger le résultat. Ils sont livrés et payés, et l'indicateur reste où il était.

L'ordre de grandeur, à la louche

Comptez-le sur vos chiffres. Un ordre de grandeur suffit pour décider d'essayer.

Combien de fois / anprojets lancés pour faire bouger un indicateur client
×
Ce que ça coûte à chaque foiscoût moyen d'un projet de cette taille
×
Part qu'on éviteprojets rattachés à aucune opportunité observée
=
Dépense évitée / anà écrire au crayon, avant la prochaine feuille de route
Quand ça ne sert à rien

Pour une mise en conformité, où le texte dicte la solution : on l'exécute.

2

Comment ça marcheLa mécanique, en clair

L'idée en une phrase

Un résultat en haut, les opportunités observées au milieu, les solutions et les tests en bas. Chaque solution se rattache à une opportunité, chaque opportunité à des traces.

Les gestes, dans l'ordre
  1. Fixer un seul résultat chiffré et daté, repris de la matrice de déploiement (fiche O-19).
  2. Tirer les opportunités des entretiens et des traces réelles : appels, réclamations, motifs de départ. Pas d'idées.
  3. Les regrouper en arbre, du besoin large à l'irritant précis, et peser chacune.
  4. Choisir une seule opportunité cible, en les comparant : poids dans le résultat, importance pour le client, cohérence avec la stratégie.
  5. Écrire au moins trois solutions pour elle, dont une sans aucun développement.
  6. Tester chacune par ses hypothèses les plus risquées (fiches O-43 et O-44), et garder ce qui tient.
Ce qu'il faut avoir sous la main

Trois mois de motifs de départ et d'appels classés, une dizaine d'entretiens récents, et un mur où l'arbre reste affiché.

Le signe que ça a marché

Un projet inscrit à la feuille de route est mis de côté, parce qu'il ne se rattache à aucune branche qui pèse.

3

Les pièges de l'implémentationCe qui fait rater, et ce qu'on fait à la place

Au lancementViser plusieurs résultats à la fois

L'arbre devient une carte de tout, et chaque projet y trouve sa place.

Un seul résultat par arbre, chiffré et daté.

Au lancementDes solutions déguisées en opportunités

« Le client veut une application » est une solution. L'opportunité est ce qu'il vit sans elle.

Écrire chaque opportunité dans les mots du client, sans nommer de moyen.

PendantChoisir l'opportunité la plus facile

On traite ce qu'on sait déjà faire, parce que la solution est prête et que l'équipe la connaît. Le résultat bouge à peine.

Prendre celle qui pèse le plus dans les traces, même si elle dérange.

PendantUne seule solution par opportunité

Sans comparaison, on teste pour confirmer. La solution qu'on avait en tête gagne toujours.

Trois solutions au moins, testées en parallèle, avec un seuil d'abandon écrit avant.

Dans la duréeL'arbre fait une fois, puis rangé

Les traces changent. L'arbre de janvier sert à justifier les projets de décembre.

Le revoir chaque mois avec les nouvelles traces, et couper ce qui ne pèse plus.

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Un exempleCas type du tertiaire

L'objet

Les trois premiers mois des nouveaux clients d'un fournisseur d'énergie, facturés sur relevé réel dès le deuxième mois.

Ce qui cloche

Un nouveau client sur neuf résilie avant son quatrième mois. La réponse prévue est une nouvelle application.

Ce qu'ils regardaient avant

Les souscriptions, chaque semaine. Les départs précoces n'apparaissaient qu'au bilan annuel.

Les chiffres de départ

À relever avant de dessiner l'arbre.

120 000nouveaux clients par an 11 %résilient dans les 90 jours, soit 13 200 220 €perdus par départ précoce 900 k€inscrits pour une nouvelle application client
Ce qu'ils ont fait Un résultat, 2 400 motifs de départ rangés en arbre, et trois solutions testées avant d'engager le budget.
Le déclencheurLe comité doit valider 900 k€ d'application pour les nouveaux clients.
▶
Le gesteUn résultat posé, 11 % → 7 %. Motifs de départ et 30 entretiens rangés en arbre.
▶
Ce qu'ils ont vuLa première facture réelle pèse 46 % des départs précoces, l'espace client 6 %.
▶
La décisionHypothèses vérifiées en quelques jours, puis trois solutions pilotées six semaines, suivies 90 jours. Deux retenues.
RÉSULTAT un seul, chiffré OPPORTUNITÉS tirées des traces, poids des départs SOLUTIONS trois au moins TESTS 6 semaines d'entrées, suivies 90 jours RÉSULTAT VISÉ Résiliations à 90 jours : 11 % → 7 % Une offre moins chère trouvée ailleurs 21 % La mise en service mal comprise 18 % Le choc de la première facture sur relevé réel 46 % Autres motifs 9 % L'espace client peu pratique 6 % A · Mensualité calculée sur la consommation réelle du logement B · Message au 30e jour avec le montant probable de la facture réelle C · Étaler toute facture réelle de plus de 100 € sur six mois Nouvelle application 900 k€, déjà inscrite à la feuille de route 4 000 clients départs à 90 j : 8,4 % retenue 3 000 clients départs à 90 j : 9,4 % retenue 1 500 clients départs à 90 j : 10,2 % écartée, décale le choc Mise de côté : elle traite un motif qui pèse 6 % Groupe témoin, sans changement : 11,2 % de départs à 90 jours. A et B généralisés : 11 % → 8 % sur six mois de souscriptions, suivies 90 jours.

L'arbre du fournisseur, du résultat visé aux tests. En trait épais, la branche retenue. En pointillé, le projet qui ne se rattachait qu'à une petite branche.

Ce que ça vautUne fourchette, et d'où elle sort

Le nombre de souscriptions ne change pas. Ce qui change, c'est combien de clients passent le troisième mois.

Les départs précoces 11 % → 8 % à 90 jours
mesuré sur six mois de souscriptions suivies 90 jours, pour 7 % visés
Les clients conservés 3 000 à 3 600 / an 2,5 à 3 points × 120 000 nouveaux clients, sur six mois de souscriptions seulement
En valeur 660 à 790 k€ / an clients conservés × 220 € d'acquisition et de marge
Ce qui n'a pas été engagé 900 k€ d'application mise de côté. Les deux réglages retenus ont coûté 85 k€, tests compris

Le projet le plus cher de la feuille de route pendait à la plus petite branche de l'arbre.