Série Flowlysis · Outils & principes · Fiche N° O-27

L'EN-COURS DU PORTEFEUILLE DE PROJETS

Le nombre de projets ouverts est la seule variable qu'un comité règle d'un trait de plume. C'est aussi celle qu'il ne regarde jamais. Elle décide pourtant du délai de chacun, et le débit, lui, n'en dépend pas.

Aussi appelélimitation de l'en-cours projet, CONWIP, loi de Little Se prépare en2 h, pour compter les projets ouverts et ceux clos sur douze mois Se fait enune séance de comité, puis une revue du compteur à chaque séance Levier principalTTM D'aprèsJ. Bicheno, The Lean Toolbox for Service Systems, 2008, reprenant E. Goldratt Voir aussifiches P-07 et O-57
flowlysis.
Ce que ça rapporte
Impact sur le TTM
Élevé
Impact sur la qualité (FTR)
Moyen
Impact sur l'Opex / Capex
Moyen
Ce que ça coûte
Coût d'implémentation
Faible
Difficulté d'implémentation
Élevé
Difficulté de maintien
Élevé
Faible Moyen Élevé N/A (sans objet)
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Le problème auquel ça s'appliqueEt ce qu'il vous coûte chaque année

Ce que vous voyez déjà
  • Le portefeuille compte soixante projets ouverts, et dix-huit se terminent dans l'année.
  • Chaque contributeur mène quatre ou cinq sujets, et aucun n'avance visiblement.
  • Un projet se lance en comité. Aucun ne s'y arrête jamais.
Où part l'argent

Un projet non terminé ne rapporte rien. C'est une dépense déjà engagée, dont le bénéfice attend sans se valoriser. Plus le portefeuille est large, plus le report est long, et il l'est pour tous en même temps.

L'ordre de grandeur, à la louche

Comptez-le sur vos chiffres. Un ordre de grandeur suffit pour décider d'essayer.

Combien de fois / anprojets qui se terminent dans l'année
×
Ce que ça coûte à chaque foisbénéfice annuel attendu × années de report
×
Part qu'on éviteréduction du délai obtenue en fermant l'entrée
=
Gain / anà écrire au crayon,
avant le prochain comité
Quand ça ne sert à rien

Quand le portefeuille tient déjà dans la capacité, et que la date annoncée est tenue une fois sur deux.

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Comment ça marcheLa mécanique, en clair

L'idée en une phrase

Le délai moyen d'un projet, c'est le nombre de projets ouverts divisé par le nombre de projets terminés dans l'année. Le second terme ne dépend pas du premier.

Les gestes, dans l'ordre
  1. Compter les projets réellement ouverts, y compris ceux qui n'avancent plus mais que personne n'a fermés.
  2. Compter ceux qui se sont terminés sur douze mois. Le quotient des deux est le délai moyen, en années.
  3. Poser une limite au nombre de projets ouverts, un peu au-dessus de ce que la ressource critique tient.
  4. Arrêter, pas mettre en pause, ce qui dépasse la limite. Écrire la raison de l'arrêt.
  5. Charger la ressource critique à quatre-vingts pour cent, jamais à cent.
  6. Afficher le compteur en tête d'ordre du jour, à chaque séance de comité.
Ce qu'il faut avoir sous la main

La liste complète des projets ouverts avec leur date de lancement, et le mandat explicite d'en arrêter.

Le signe que ça a marché

Un projet est arrêté en comité, et la décision est écrite avec sa raison.

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Les pièges de l'implémentationCe qui fait rater, et ce qu'on fait à la place

Au lancementNe compter que les projets du plan

Ceux qui sont nés hors comité consomment la même ressource critique.

Compter tout ce qui mobilise plus de dix jours-homme, quelle que soit son origine.

Au lancementFixer la limite au niveau actuel

Une limite qui ne mord pas ne change rien, et donne le sentiment d'avoir agi.

Poser la limite sous l'en-cours actuel, et laisser le portefeuille se vider avant de rouvrir.

PendantMettre en pause au lieu d'arrêter

Un projet en pause occupe encore la tête de ceux qui l'ont commencé, et se réveille au pire moment.

Arrêter, écrire la raison, archiver ce qui a été produit, et le dire à ceux qui attendaient.

PendantCharger la ressource critique à cent pour cent

La moindre variation propage alors un retard sur tout le portefeuille.

Quatre-vingts pour cent, et la marge se constate plutôt qu'elle ne se planifie (fiche P-01).

Dans la duréeLaisser le comité lancer sans fermer

L'en-cours remonte en deux trimestres, et personne ne s'en aperçoit avant le suivant.

Le compteur affiché en tête d'ordre du jour, et la règle appliquée aussi à celui qui préside.

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Un exempleCas type du tertiaire

L'objet

Le portefeuille de projets informatiques et d'organisation d'une compagnie d'assurance de 1 900 personnes.

Ce qui cloche

Les dates annoncées ne sont plus crues par personne, et les relances passent par le comité.

Ce qu'ils regardaient avant

Le taux d'avancement moyen du portefeuille. Il était à soixante-deux pour cent depuis trois ans.

Les chiffres de départ

À relever avant le comité.

60projets ouverts, dont 14 sans écriture depuis 6 mois 18projets terminés sur les douze derniers mois 42contributeurs, soit 4,3 projets simultanés chacun 2,1 M €de bénéfice annuel attendu, tous projets confondus
Ce qu'ils ont fait Un quotient posé sur la table, quatorze arrêts écrits, et une règle d'entrée qui vaut pour tout le monde.
Le déclencheurUn projet lancé quatre ans plus tôt est relancé pour la troisième fois, avec une nouvelle date.
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Le gesteLe comité compte les projets ouverts, ceux clos sur douze mois, et pose le quotient au tableau.
▶
Ce qu'ils ont vuQuatorze projets n'avaient plus aucune écriture depuis plus de six mois, et personne ne les avait fermés.
▶
La décisionLimite posée à vingt-deux projets, quatorze arrêtés avec leur raison, et un entre quand un sort.
1 · LE MÊME EFFECTIF, LE MÊME DÉBIT, DEUX PORTEFEUILLES Aujourd'hui 60 projets ouverts 18 terminés sur les douze derniers mois 60 ÷ 18 = 3,3 ans de délai moyen, du lancement à la mise en service Après avoir fermé l'entrée 22 projets ouverts 20 terminés sur douze mois, avec le même effectif 22 ÷ 20 = 1,1 an trois fois plus court, sans un poste de plus Le débit ne dépend pas du nombre de projets ouverts. Lancer davantage ne fait pas finir davantage : cela allonge seulement le délai de chacun, et de tous en même temps. Le débit monte légèrement quand l'en-cours baisse, parce que les reprises de contexte disparaissent. 2 · CE QUE LE REPORT COÛTE 2,1 M€ de bénéfice annuel attendu, tous projets confondus. 0 an 1 an 2 ans 3 ans 4 ans 5 ans AUJOURD'HUI le portefeuille consomme, et ne rend rien 2,1 M€ / an APRÈS 2,1 M€ / an, perçus 2,2 ans plus tôt 2,2 ans gagnés LA RÈGLE, EN UNE LIGNE Pour en lancer un, il faut en terminer un, ou en arrêter un. La règle vaut aussi pour celui qui préside le comité. Sans cela, elle ne tient pas un trimestre. "Ne jamais lancer de nouveau travail tant que la capacité de le faire n'est pas disponible. Charger les ressources critiques à quatre-vingts pour cent, pour absorber la variation." J. Bicheno, 2008, reprenant le Drum Buffer Rope d'E. Goldratt et les tampons de la chaîne critique.

À gauche le même effectif avec deux en-cours différents, à droite le moment où le portefeuille commence à rapporter.

Ce que ça vautUne fourchette, et d'où elle sort

Aucun projet ne va plus vite. Ils sont moins nombreux à avancer en même temps.

Le délai moyen d'un projet 3,3 → 1,1 an
hypothèse : 60 ÷ 18, puis 22 ÷ 20, à effectif constant
Le bénéfice avancé 2,2 ans sur 2,1 M € attendus par an, l'équivalent de 4,6 M € perçus plus tôt
Ce qui est libéré 6 500 à 11 000 h / an hypothèse : 10 à 17 % des 65 100 h des 42 contributeurs, reprises au multitâche (fiche O-07)
Le ratio qui change 4,3 → 1,6 projets simultanés par contributeur

C'est la seule variable que le comité règle seul, et dont l'effet se voit au trimestre suivant.