Série Flowlysis · Outils & principes · Fiche N° O-06

LA CARTE DE FLUX TRANSACTIONNELLE

Un rouleau de papier sur un mur, une note par étape réelle, et quatre boîtes autour qui expliquent pourquoi le flux se comporte comme il se comporte.

Aussi appeléniveau 2 transactionnel, carte kraft, carte de chaîne de valeur de service Niveau2 · le processus Se prépare en3 à 5 jours Se fait en2 à 3 jours d'atelier Levier principalTTM D'aprèsJ. Bicheno, The Lean Toolbox for Service Systems, 2008
flowlysis.
Ce que ça rapporte
Impact sur le TTM
Élevé
Impact sur la qualité (FTR)
Élevé
Impact sur l'Opex / Capex
Moyen
Ce que ça coûte
Coût d'implémentation
Faible
Difficulté d'implémentation
Moyen
Difficulté de maintien
Faible
Faible Moyen Élevé N/A (sans objet)
1

Le problème auquel ça s'appliqueEt ce qu'il vous coûte chaque année

Ce que vous voyez déjà
  • Chaque étape prend peu de temps, et le dossier met trois semaines.
  • Les mêmes erreurs reviennent, et on les corrige toujours en aval, loin de leur origine.
  • Personne ne sait dire combien de dossiers attendent en ce moment, ni depuis quand.
Où part l'argent

Une donnée incomplète entrée au départ se paie à chaque étape suivante. Plus elle avance, plus la corriger coûte cher, et ce coût se répartit entre des services qui ne se parlent pas.

L'ordre de grandeur, à la louche

Comptez-le sur vos chiffres. Un ordre de grandeur suffit pour décider d'essayer.

Combien de fois / andossiers traités dans l'année
×
Ce que ça coûte à chaque foistemps de relance et de correction × coût horaire chargé
×
Part qu'on évitebaisse de la part des dossiers arrivant avec une donnée fausse ou manquante
=
Gain / anà écrire au crayon,
avant l'atelier
Quand ça ne sert à rien

Ça ne sert à rien si le client intervient pendant le traitement, ou si chaque dossier suit un chemin différent. Ce sont alors d'autres cartes qu'il faut.

2

Comment ça marcheLa mécanique, en clair

L'idée en une phrase

Le flux au centre du mur, son contexte aux quatre coins : la demande, les horaires, les indicateurs, les ressources. C'est le contexte qui explique le flux, et non l'inverse.

Les gestes, dans l'ordre
  1. Dérouler le papier et coller en ligne une note par activité réelle, dans l'ordre où le dossier la traverse.
  2. Coller entre les activités, dans une autre couleur, ce qui attend : les piles de dossiers et leur âge.
  3. Poser en haut à gauche la demande : le profil d'arrivée sur une journée, et la part née d'un raté antérieur.
  4. Poser les horaires en haut à droite, les indicateurs en bas à gauche, les ressources en bas à droite.
  5. Écrire sur chaque activité le taux de données fausses ou manquantes qu'elle reçoit.
  6. Tracer la ligne du temps sous la carte : le travail réel d'un côté, l'attente de l'autre.
Ce qu'il faut avoir sous la main

Un rouleau de papier kraft de quatre mètres. Des feuillets de quatre couleurs. Les vingt derniers dossiers avec leurs dates. Et les personnes qui font le travail.

Le signe que ça a marché

La ligne du temps montre un travail réel qui tient en quelques minutes et un délai qui se compte en jours. Plus personne ne discute le chiffre.

3

Les pièges de l'implémentationCe qui fait rater, et ce qu'on fait à la place

Au lancementColler les étapes du mode opératoire

On cartographie la procédure au lieu du flux, et les boucles de reprise disparaissent.

Suivre vingt dossiers réels, et coller ce que ceux-là ont traversé.

Au lancementSauter les quatre boîtes de contexte

Le flux dessiné est juste, et rien n'explique pourquoi il se comporte ainsi.

Poser la demande, les horaires, les indicateurs et les ressources pendant l'atelier, et ne pas clore la carte sans eux.

PendantNe pas marquer les données fausses

On voit les étapes, et jamais ce qui les fait recommencer.

Écrire sur chaque activité le taux de données manquantes ou erronées qu'elle reçoit.

PendantOuvrir un couloir par service

La carte se lit service par service, et le flux de bout en bout, avec ses files, ne se voit plus.

Garder une seule ligne, et marquer chaque passage de mains d'un symbole sur la ligne.

Dans la duréeRanger la carte après l'atelier

Les décisions tiennent trois semaines, puis le flux revient à son état d'avant.

Laisser la carte au mur, datée, jusqu'à ce que les actions soient faites.

4

Un exempleCas type du tertiaire

Le flux

Les demandes de remboursement de frais de santé dans une mutuelle, de la réception au paiement.

Ce qui cloche

Le traitement d'une demande prend six minutes, et l'adhérent est remboursé au bout de neuf jours.

Ce qu'ils regardaient avant

Le nombre de dossiers traités par personne et par jour. Il était bon partout, à chaque étape prise séparément.

Les chiffres de départ

À relever avant l'atelier : tout le chiffrage en découle.

320 000demandes par an, soit 1 300 par jour 6 minde travail réel par demande 14 %arrivent avec une pièce manquante ou illisible 38 €/hcoût horaire chargé
Ce qu'ils ont fait Le flux tient sur une ligne. Ce sont les quatre coins qui expliquent le délai.
Le déclencheurUn délai de remboursement à neuf jours, alors que chaque étape traite en quelques minutes.
▶
Le gesteDeux jours d'atelier devant quatre mètres de papier, avec les vingt dernières demandes et leurs dates.
▶
Ce qu'ils ont vuLes quatre jours d'attente entre le contrôle des pièces et la liquidation venaient des quatorze pour cent de dossiers incomplets.
▶
La décisionContrôle des pièces déplacé à la réception, et le compteur de productivité remplacé par l'âge du plus vieux dossier.
LA DEMANDELES HORAIRES LES INDICATEURS EN PLACELES RESSOURCES 1 300 demandes / jour 14 % arrivent incomplètes 8 h - 17 h, deux équipes pointe le lundi matin dossiers traités par personne ✖ ne dit rien du délai 26 personnes dont 6 partagées RéceptionContrôle piècesLiquidation Contrôle finalPaiement 2 j4 j1 j2 j 14 % de pièces manquantes travail réel : 6 min attente : 9 jours en moyenne LES DOCUMENTS RÉELS

La carte telle qu'elle reste au mur : le flux au centre, la demande, les horaires, les indicateurs et les ressources aux quatre coins.

Ce que ça vautUne fourchette, et d'où elle sort

Le gain ne vient pas des étapes : elles durent déjà six minutes. Il vient de ce qu'on cesse de faire deux fois.

Ce qui est libéré 3 500 à 5 300 h / an
sur les 40 000 h que le flux consomme aujourd'hui, reprises comprises
En valeur 134 000 à 200 000 € / an heures de reprise évitées × 38 €
Ce que ça finance Le contrôle à la réception une vérification des pièces à l'entrée, et le renvoi immédiat de ce qui manque
Le ratio qui change 14 % → 5 à 8 % dossiers incomplets encore présents après la réception

Le délai baisse davantage que les heures : neuf jours deviennent cinq à six environ, parce que la file de quatre jours après le contrôle des pièces se résorbe presque entièrement.