Série Flowlysis · Fiche de tête · N° C-01 · À lire en premier

LE LEAN DANS LES SERVICES

Les principes du Lean valent dans un bureau sans qu'on y change une ligne. Ce sont les outils qui ne se recopient pas, parce qu'ici le travail est invisible et que la file d'attente n'a pas de forme.

Pour quidirections générales, opérationnelles et informatiques du tertiaire Sert àdécider quoi transposer de l'industrie, et quoi laisser Se lit en10 minutes
flowlysis.
La série en un coup d'œil
C8 fiches de cadrage · l'ordre et le vocabulaire
P10 fiches de principe · ce qui se vérifie sur place
O60 fiches d'outil · ce qui se fait, et ce que ça rapporte
Pour trouver la bonne fiche
C-04L'index complet et le parcours conseillé en huit étapes
C-02Le routage vers le bon niveau de cartographie
C-05Où part la marge, et comment la chiffrer sur vos volumes
C-07La partie développement du Produit, et son parcours
C-08Partir du problème, et trouver la fiche à ouvrir
Deux parties : l'excellence opérationnelle, puis le développement du Produit (C-07). L'index complet est en C-04.
1

Ce qui transpose tel quelLes principes ne parlent ni de tôle ni de dossiers

Cinq principes, choisis parmi ceux du Lean, qui valent à l'identique. Pour chacun : la règle, puis ce qu'elle donne quand on la lit avec des dossiers au lieu de pièces.

La valeur se juge du point de vue du client final

Le service suivant dit ce dont il a besoin ; c'est le client au bout de la chaîne qui dit si le travail a servi.

Le délai se joue dans l'attente entre les mains

Le travail réel tient souvent en moins d'une heure ; le délai se compte en jours.

On n'améliore que ce qu'on peut voir

Il faut rendre visible ce qui attend, puisque rien ne s'empile devant personne.

À charge égale, la variation fait une grande partie de l'écart de délai

Deux services également chargés peuvent avoir des délais très différents.

Ceux qui font le travail savent le changer

Vrai ici aussi, à condition qu'ils puissent modifier la règle, l'écran ou le formulaire.

2

Ce qui change vraimentLes quatre écarts qui comptent

Quatre différences de nature, qui vont bien au-delà du vocabulaire. Pour chacune : l'écart, ce qu'il implique, et le geste qu'il impose.

Le travail ne se voit pas

Un dossier en attente ne prend aucune place, donc personne ne le compte.

Rendre l'attente visible avant toute autre chose : une file affichée, et datée.

Le stock est une file d'attente

Il n'y a ni palette ni rayonnage, mais une boîte mail partagée et une liste.

Compter les dossiers en cours, et leur âge, aussi sérieusement que ceux traités.

La variation entre par le client

C'est lui qui décide quand il arrive et ce qu'il apporte dans son dossier.

Lisser ce qui dépend de vous, et absorber le reste avec une réserve de capacité.

Le défaut est une reprise que personne ne compte comme telle

Un aller-retour pour pièce manquante n'est presque jamais compté comme un défaut.

Compter les reprises comme des défauts, à l'endroit exact où elles naissent.

3

Les faux transfertsCe qu'on recopie de l'atelier, et qui ne prend pas

Quatre outils qu'on importe tels quels. Pour chacun : ce qu'on recopie, pourquoi ça ne prend pas ici, et ce qui joue le même rôle.

Le chronométrage des postes

Le travail varie d'un dossier à l'autre : la moyenne seule, sans sa dispersion, trompe.

Mesurer d'abord le délai de bout en bout et sa part d'attente ; le temps de traitement sert à dimensionner.

Le 5S réduit au rangement

Trier les fournitures agit peu sur le délai, et laisse le souvenir d'une lubie.

Appliquer le 5S à l'information : où elle est, qui la tient, quand elle arrive.

Le tableau de production horaire

Plaqué sur un flux non lissé, le tableau devient un mur de retards.

Afficher d'abord la file et l'âge du plus vieux dossier ; le suivi par intervalle vient après le lissage.

Le TRS (taux de rendement synthétique)

Transposé, il devient une mesure de l'occupation des personnes, et les saturer allonge les délais.

Suivre le délai et la file, garder une réserve : l'attente croît de plus en plus vite avec l'occupation, d'autant plus tôt que l'équipe est petite et le flux irrégulier.

La table de correspondance Une ligne par mot. Colonne de droite : le mot que vos équipes emploient déjà, avant toute traduction du terme d'atelier.
Le motÀ l'atelier, ça désigneAu bureau, c'est
Le stockdes pièces qui attendent devant un postedes dossiers qui attendent dans une file ou une boîte mail
Le défautune pièce non conforme, mise de côtéun dossier qui repart en arrière pour être complété
Le poste de travailun emplacement et une machineune personne, un écran, et un droit d'accès
Le rythmele rythme de la demande (takt), sur lequel la ligne se calele nombre de dossiers à traiter par jour pour suivre la demande
Le gaspillagedéplacement, stock, surproductionrelance, ressaisie, réunion de suivi, validation sans effet
La ligne, le fluxla suite des postes physiquesla suite des mains par lesquelles le dossier passe
La machinece qui transforme la matièrel'outil informatique, et la règle qui vient avec
Le clientcelui qui achète le produit ; le poste suivant est un client internecelui qui attend la réponse au bout de la chaîne ; le service suivant, client interne, fixe ses exigences d'entrée
[ autre ][ ... ][ ... ]
[ autre ][ ... ][ ... ]

Ce qui ne se transpose pasDit franchement, avant qu'on le découvre

Ce qui n'a pas d'équivalent iciLe stock physique. Rien ne s'empile, donc rien n'alerte : le signal est à fabriquer (tableau, une carte par dossier, limite d'en-cours). C'est, selon nous, la principale difficulté du tertiaire.
Ce qui se retourne contre vousLe script qui fige la réponse. La variété vient du client, et interdire l'écart transforme l'agent en boîte vocale. Standardiser le processus, pas la réponse.
Ce qui est plus dur ici qu'à l'usineChanger la règle. À l'atelier, l'équipe modifie son poste ; au bureau, l'écran, le formulaire et la procédure appartiennent à quelqu'un d'autre.
La phrase à retenirDans un service, ce qui coûte ne se voit pas. Tout le reste en découle.